Ce mardi 14 février, Jean-Marc Nollet, Ministre du Développement durable en Wallonie et de la Recherche en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles, a officiellement lancé le premier congrès interdisciplinaire du développement durable. Cet événement scientifique international sera coprésidé par les Professeurs Jean-Pascal van Ypersele de l’UCL et Marek Hudon de l’ULB. Il se tiendra à Namur, du 31 janvier 2013 au 1er février 2013. ![]()
Notre société se trouve aujourd’hui à la croisée de plusieurs crises. Environnementale d’abord, avec, un dérèglement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre, une détérioration inquiétante de la biodiversité et une exploitation excessive des ressources naturelles. Economique ensuite, avec l’épuisement des stocks des matières premières et l’amplification de la crise financière qui touche désormais les Etats et les entreprises. Sociale enfin, avec des perspectives sombres pour l’emploi et la qualité de vie des citoyens.
Si la production scientifique ne peut résoudre à elle seule tous ces défis, elle peut néanmoins permettre à notre société de s’inscrire dans une voie plus durable. Le concept de développement durable réunit sous un même vocable de nombreuses réflexions, activités et projets qui visent à apporter une réponse concrète aux crises qui nous touchent avec la perspective d’une véritable transition, qui soit socialement juste. Cette transition passe notamment par un meilleur dialogue entre les diverses sciences et plus d’interdisciplinarité.
Jean-Marc Nollet, en tant que Ministre de la Recherche et du Développement durable, est déterminé à soutenir la production scientifique orientée vers le développement durable. C’est pourquoi, il a décidé d’organiser ce congrès interdisciplinaire du développement durable, qui devrait être le premier d’une longue série. En outre, le Ministre a commandé un rapport scientifique préalable sur la question : « Quelle organisation de la science en général, et de la science économique en particulier, pour faire face aux crises écologiques et économiques dans une optique de transition vers un développement durable fort ? ».
Des scientifiques de renom
La présidence de ce congrès a été confiée aux Professeurs Jean-Pascal van Ypersele et Marek Hudon. Ces deux coprésidents ont été choisis pour leur implication, leur action et leur recherche dans des disciplines en lien avec le développement durable. Ils seront les pilotes scientifiques du congrès. Ils ont mis sur pied un comité scientifique qui sera chargé de sélectionner les contributions au congrès et veiller à garantir l’indépendance et la qualité scientifique de l’événement et de sa préparation.
Jean-Pascal van Ypersele est docteur en sciences physiques, climatologue et professeur à l’UCL co-responsable du Master interdisciplinaire en sciences et gestion de l’environnement et Vice-Président du GIEC – organisation qui a reçu le prix Nobel de la Paix en 2007 pour ses efforts d’évaluation et de dissémination des travaux sur le réchauffement climatique et sur les mesures à prendre pour le contrer.
Quant à Marek Hudon, il est docteur en sciences économiques et de gestion, professeur à l’ULB, co-Directeur du Centre Européen de Recherche en Microfinance (CERMi) et co-Directeur du Centre d’études économiques et sociales de l’Environnement (CEESE). Il est donc également sensibilisé à l’interdisciplinarité et au développement durable.
Par ailleurs, Jean-Marc Nollet a confié au Professeur Tom Deudeurwaerdere la réalisation d’un rapport scientifique préalable au congrès. Tom Deudeurwaerdere est ingénieur civil et docteur en philosophe à l’UCL, spécialiste de l’économie des biens publics, de la gouvernance globale et de la biodiversité ainsi que des politiques scientifiques et technologiques. En tant que chercheur dans le domaine de la science, et vu son expertise, il est tout désigné pour réaliser un rapport préalable permettant de jeter les bases scientifique du débat.
Objectifs du congrès
Le premier congrès interdisciplinaire du développement durable a pour objectif d’encourager les démarches scientifiques susceptibles d’apporter des solutions aux crises systémiques par une vision ambitieuse du développement durable. Son deuxième objectif : favoriser l’interdisciplinarité et le pluralisme des approches, notamment en sciences économiques. Enfin, il vise à faciliter la reconnaissance des scientifiques qui s’inscrivent dans le développement durable.
Cette première édition, qui se tiendra pendant deux jours à Namur, sera principalement destinée aux acteurs de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles mais sera ouverte aux contributions internationales. C’est pourquoi les langues utilisées lors des débats seront le français et l’anglais, avec traduction simultanée.
Thème du congrès
Les « systèmes de transition » seront au centre des deux journées de ce congrès interdisciplinaire. La transition globale de notre système social se réalisera grâce à la transition d’une série de sous-systèmes clés correspondants aux principaux besoins humains : alimentation, mobilité, logement, besoins énergétiques, santé, sécurité, éducation, culture, environnement, ressources naturelles, territoire, identité, liens sociaux, gouvernance, etc. Ces besoins fondamentaux seront toujours présents à long terme. C’est pourquoi, ils doivent être inscrits dans une transition vers un mode de fonctionnement durable.
Les sous-systèmes cités ci-dessus constitueront autant de thèmes du premier congrès. Autour de chacun d’entre eux, la volonté est de favoriser les travaux innovants et interdisciplinaires, abordant les problèmes concrets de notre temps mais aussi, de manière plus transversale, questionnant les postulats épistémologiques et les aspects méthodologiques liés à la science en général et aux sciences économiques en particulier.